
La SNCF pourrait revoir dès 2009 ses tarifs sociaux (cartes famille nombreuse, billets populaires de congés annuels, abonnements étudiants, trajets domicile-travail…) suite à la décision de l'Etat de ne plus prendre en charge financièrement ces aides. Cette mesure concernerait près de 8 millions de voyageurs, la seule carte famille nombreuse comptant 3 millions de titulaires.
La CLCV souligne qu'il s'agit ici d'un désengagement de l'Etat en matière de politique familiale et sociale visant à faire supporter cette dernière à une entreprise publique. La CLCV craint que cette nouvelle charge supportée par l'entreprise ne soit immédiatement reportée sur les usagers et ne se traduise en nouvelles hausses des tarifs. Est-ce à une entreprise, fut-elle publique, de financer la politique sociale? La SNCF, qui affiche une politique toujours plus commerciale, le fera-t-elle ? Il existe un risque réel de voir la grille tarifaire sociale se transformer en offre commerciale à destination de certains publics avec, à la clef, des hausses de tarifs pour les usagers.
Par ailleurs, les politiques publiques ont mis la priorité sur le développement des transports collectifs. La CLCV rappelle que le train est le mode de déplacement le moins polluant et que tout doit être mis en œuvre pour accroître son attractivité. Une augmentation tarifaire pourrait constituer un obstacle et serait un frein aux objectifs prioritaires fixés par les pouvoirs publics.
Pour ces raisons la CLCV demande :
- Que l'Etat garantisse que la mesure n'aura aucune incidence financière, ni sur les usagers concernés, ni sur les tarifs généraux.
- Une clarification sur les missions de la SNCF. Cette dernière est-elle un service public devant supporter des tarifs sociaux ou une entreprise commerciale devant prioritairement obtenir des objectifs financiers satisfaisants ?
